Nous remercions Messieurs François FILLON, Premier ministre, et Christian ESTROSI, secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer, ainsi que leurs conseillers, pour l'intérêt porté à notre expédition et avons été sensibles au chaleureux accueil réservé lors de la réception au Ministère de l'Outre-Mer.

Rencontre avec Mr Christian Estrosi

L'île de la passion

C’est le nom qui a été donné à cet atoll par deux navigateurs Français, Martin de Chassiron et Michel Dubocage de Bléville, commandant respectivement les navires « La Princesse » et « la Découverte ».

Pourquoi l’île de la Passion ? Et bien tout simplement parce qu’ils la découvrirent le vendredi Saint du 3 avril 1711. Quelques années plus tôt, en 1705, un navire battant pavillon du sanglier rouge et commandé par le pirate et naturaliste Anglais William Dampier y débarque son second, John Clipperton, pour le punir d’avoir organisé une mutinerie sur son navire. C’est ce nom que retiendra l’histoire.

En 1858 le lieutenant Le Coat de Kerveguen en prend officiellement possession au nom de la France et dépose les documents au royaume des îles Hawaï.

Le croiseur amiral Dugay Trouin

En septembre 1897, le croiseur amiral Dugay Trouin y est envoyé pour réaffirmer la présence française. Mais en décembre, les Mexicains y dépêchent la canonnière la « Démocrata », et y installent une garnison militaire.

C’est alors que débute le conflit entre la France et le Mexique au sujet de la souveraineté sur cet atoll. Les mexicains contestent la version française car d’après eux l’île a été découverte en 1527 par le navigateur Espagnol Alvaro de Saabedra qui lui donne le nom de « Isla Medanos ». A cette époque le Mexique fait partie de l’empire Espagnol et lorsqu’en 1821 il accède à l’indépendance, il considère que « la isla Médanos » fait partie de l’héritage. Les Mexicains argumentent ensuite leurs prétentions en présentant des cartes de l’époque et en disant que cette île servait de base pour les galions espagnols qui faisaient route entre Acapulco et Manille.

A la fin de la première guerre mondiale, le Président mexicain Porfiro Diaz accepte que la décision d’appartenance soit soumise à l’arbitrage du roi d’Italie, et ce n’est qu’en Janvier 1931 que le verdict est rendu par Victor Emmanuel III, Roi d’Italie : « Clipperton est possession française ». L’île retombe alors dans l’oubli. Pendant la seconde guerre mondiale, en 1944, pour se protéger d’une invasion japonaise, le Président Roosevelt y envoie une garnison militaire importante, Clipperton est débaptisée et devient : « l’île X  ». Cette occupation n’est pas du goût des gouvernants français et en 1945, le Général de Gaulle demande aux Américains de quitter l’île le plus rapidement possible. Après la mort du président Roosevelt la marine américaine évacue Clipperton en abandonnant son matériel et un dépôt de 50 tonnes de munitions, encore visible de nos jours.

Géographie de Clipperton


© C Jost

Situation géographique de Clipperton

L’atoll de Clipperton se situe par 109°12’26 Ouest et 10°17’31 Nord. La terre la plus proche est l’île de Soccoro dans l’archipel mexicain des Revilla Gigedo, située à 945 km ; la côte continentale mexicaine se situe à 1.280 km. La terre française la plus proche est l’île de Nuku Hiva dans l’archipel des Marquises à 4.018 km.

Clipperton, seul atoll du Pacifique nord oriental d’une superficie totale de 8,9 km², est un anneau corallien dont le lagon d’une surface de 7,2 km² est fermé et en train de mourir. La superficie des terres émergées est 1,7 km², dont la partie la plus haute est le rocher qui culmine à 29 mètres. Le périmètre de la couronne corallienne est de 11,8 km. La partie émergée la plus large est de 360 mètres et la plus étroite de 30 mètres.

Le climat y est chaud et humide avec une saison dite sèche de décembre à mars. Dans le Bois Bougainville composé d’environ 700 cocotiers et qui sera notre lieu de vie, la température varie de 26 à 29 degrés avec une hygrométrie moyenne de 90%. Dès l’instant où l’on s’éloigne de cette cocoteraie la réflexion du soleil sur le corail peut faire monter la température aux environs de 45 degrés, ce qui peut provoquer des brûlures au second degré si l’on ne prend pas de précautions. La saison cyclonique s’étend d’avril à septembre.

Vue aérienne de Clipperton

Faune et flore

La flore comporte une biodiversité très réduite, on y dénombre une dizaine d’espèces, des cocotiers à une végétation herbacée que l’on trouve en majorité sur les petites îles du lagon, endroit où les crabes terrestres ne peuvent accéder.

La faune terrestre est peu diversifiée, on recense actuellement treize espèces d’oiseaux, en majorité des fous masqués (environ 110.000 individus), des fous bruns, des frégates, des foulques etc. Les crabes terrestres, prédateurs redoutables dont la population totale est évaluée à 11 millions d’individus (on peut en recenser jusqu’à 50 au m²), mangent tout ce qu’ils trouvent, et nous devrons protéger les tentes par des barrières en tôle d’aluminium pour éviter leur intrusion... On trouve aussi un petit lézard appelé Lézard d’Arundel, et depuis le naufrage du chalutier mexicain Lyli Marie en 2000, des rats ont fait leur apparition et leur population qui ne cesse de croître menace l’équilibre de la faune car ils se nourrissent de crabes, d’œufs et d’oiseaux juvéniles.

Depuis le 3 février 1978, date de la création de la Z E E (Zone Economique Exclusive), Clipperton confère à la France une souveraineté de 435.612 km² de zone exclusive maritime.

Statut de Clipperton

Au sens administratif du terme, l’île n’est pas un TOM, mais un Domaine Public de l’Etat français. Ce récif ultramarin se place au premier rang pour la surface maritime rapportée à la surface terrestre (55.000 contre 0,5 pour la métropole). C’est une des régions du globe les plus riches en ressources halieutiques (thonidés et nodules poly métalliques).

Sources scientifiques : Christian Jost, webmaster du site clipperton.fr
Recherches historiques : Jean-Pierre F5AHO et Alain F6BFH